Samedi 19 janvier 2008
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La suppression de la publicité sur les chaînes du groupe France télévision risque d’entraîner des modifications quant au traitement de
l’information.
Selon vous, ces chaînes gagneront-elles en indépendance vis à vis des puissances financières ou au contraire cela entraînera-t-il une dépendance plus forte par rapport au pouvoir politique ?
Samedi 19 janvier 2008
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Sur son site Internet, le quotidien Le Monde dresse un panorama du paysage médiatique et de ses relations avec les financements publicitaires. Cela nous permet
d’avoir une vue d’ensemble permettant ainsi de cerner les enjeux liés à la suppression de la publicité sue les chaînes du groupe France Télévision.
INVESTISSEMENTS PUBLICITAIRES.
Sur les télévisions françaises, les investissements publicitaires bruts ont progressé de 7,1 % en 2007, à 6,737 milliards d'euros, selon le Syndicat national de la publicité
télévisée (SNPTV). Une croissance due aux chaînes du câble, du satellite et de la télévision numérique terrestre (TNT). Les ressources publicitaires des six chaînes nationales hertziennes
"historiques" (TF1, France 2, 3 et 5, M6, Canal+...) ont crû de 0,5 %, à 5,5 milliards d'euros.
PRINCIPAUX ANNONCEURS.
En 2007, le secteur de l'alimentation est resté le premier annonceur (1,380 milliard d'euros, + 4,9 %), devant l'hygiène-beauté (885 millions d'euros, + 6,4 %) et les
télécommunications (634 millions d'euros, - 5,6 %). Autorisée depuis un an, la grande distribution a attiré 362 millions d'euros d'investissements publicitaires.
DURÉE DES ÉCRANS PUBLICITAIRES.
La durée de la publicité sur les télévisions publiques ne peut excéder 8 minutes par "heure glissante" - c'est-à-dire de 12 h 00' 00''à 12 h 59' 59'' puis de 13 h 00'
01''à 14 h 00' 00'', etc. - et 144 minutes par 24 heures (6 minutes par heure, en moyenne quotidienne). Sur les télés privées, la publicité est limitée à 12 minutes par "heure glissante". Selon
le SNPTV, un spot publicitaire dure en moyenne 19,6 secondes (21 secondes en 2002).
AUDIENCE.
En 2007, la durée d'écoute quotidienne des chaînes chez les individus âgés de quatre ans et plus a atteint un nouveau record : 3 heures et 27 minutes, soit 3 minutes de plus
qu'en 2006.
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Le gouvernement envisage une taxation sur la vente des produits d'électronique permettant de recevoir la télévision (téléviseurs, micro-ordinateurs, téléphones
mobiles, …) pour financer la suppression de la publicité sur l'audiovisuel public, selon un article publié, mercredi 16 janvier, sur le site Internet des Echos.
Cette hypothèse a été confirmée jeudi par Nicolas Sarkozy. Selon lui, la suppression de la publicité sera «compensée intégralement» par un «financement mutualisé»
sur l'ensemble des nouveaux moyens de communication.
«Les recettes seront compensées intégralement par un financement très largement mutualisé sur la totalité des nouveaux moyens de communication et, je le dis, ce choix n'implique aucune
évolution du périmètre de France Télévision», a déclaré Nicolas Sarkozy ce jeudi. Mais selon Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la consommation et au
tourisme, le gouvernement ne serait qu’au stade de la réflexion.
Selon le quotidien économique, le chiffre d'affaires de ce secteur tourne "autour de 17 milliards d'euros. Une taxe sur le prix de vente
de 1 % à 2 % pourrait rapporter 170 à 340 millions d'euros". Ce qui est loin d’être suffisant pour compenser la perte dû à la vente des espaces
publicitaires.
En tout état de cause cette solution de prélèvement sur les achats de consommation, semble nous éloigner de la première hypothèse qui prévoyait de taxer
uniquement les recettes publicitaires des chaînes privées. Le prélèvement s’orienterait-il une nouvelle fois vers la taxation des citoyens ?
A noter que cette taxe s’ajouterait à la taxe écologique « éco-taxe » prélevée sur l’ensemble des produits électroniques. Il n’est pas certain
que cette piste soit perçue de manière favorable par les consommateurs dans un contexte tendu de polémique sur le pouvoir d’achat.
De source gouvernementale, on précise que le gouvernement examine aussi la possibilité d'une taxation de la publicité hors média (prospectus, etc.) parmi les pistes possibles.
Publié dans : Financement
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Le monde de la
communication, agences, régies et annonceurs ont été surpris lors de l’annonce de Nicolas Sarkozy au sujet de la suppression de la publicité sur les chaînes publiques. Quelles seront les
conséquences d’une telle décision ?
Les avis restent partagés mais plusieurs idées commencent déjà à se profiler. Les cibles visées par France Télévision sont proches du profil des internautes donc
pourquoi pas ne pas réinvestir les quelques millions d’euros vers de la publicité virtuelle ?
Les Catégories Socio Professionnelles seront alors de nouveau atteinte par la publicité mais toutes les catégories qui n’utilisent pas la toile Internet comme par
exemple les enfants en bas âge ou encore les séniors ?
Pour autant « il n’y aura pas de basculement massif vers la publicité en ligne, pas plus que vers d’autres médias » estime Luc Tran-Thang, président du
syndicat des régies Internet. Faute de répondre aux mêmes besoins des marques présentes en télévision, celles-ci recherchent sur le petit écran un renforcement de leur notoriété, grâce à une
puissance d’exposition importante que le web ne peut leur apporter.
Le transfert des budgets vers le web pourrait par ailleurs être limité par le maintien d’espaces publicitaires importants aux télévisions absorbées par TF1 et M6
parfois entre-coupé de programmes télévisuels.
Cependant l’optimisme n’est pas partagé par l’Union des Annonceurs, pour qui l’espace publicitaire télévisé devrait augmenter en conséquence de seulement 5 à 10%.
Pas suffisant pour compenser la baisse estimé à 25%.
Au final c’est bien l’évolution des prix des spots TV qui devrait déterminer l’impact sur la publicité en ligne.
Alors finalement à qui va réellement bénéficier cette suppression de la publicité sur les chaînes publiques ?
Jeudi 17 janvier 2008
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Dès le moment où Nicolas Sarkozy a annoncé cette réflexion, les professionnels se sont interrogés sur les possibilités de financements et les
conséquences liées à de telles prises de décisions.
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La ministre de la Culture, Christine Albanel a déclaré « Pour l'instant, ce n'est pas à l'ordre du jour. On va voir comment financer
les télévisions existantes, auxquelles les Français sont attachés, sans publicité et essayer de se rapprocher des modèles que nous aimons comme la BBC ou la télévision allemande
»
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François hollande explique que « C'est un cadeau d'abord aux actionnaires de TF1 […]Et ce qui est en cause dans la mesure Sarkozy,
puisque finalement Jospin y avait renoncé à juste raison, c'est que c'est sans doute la fin du service public audiovisuel. Si le service public audiovisuel ne peut plus se financer par la
publicité, et comme il ne pourra pas non plus se financer par une hausse de la redevance, ça sera la victoire des chaînes privées. Et plus précisément des chaînes de la TNT. Pas un hasard si
Nicolas Sarkozy avait trouvé un moyen de transport de Bolloré. »
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Le Parisien déclare que les télés publiques risquent fort d'avoir moins d'argent, ce qui les empêchera d'avoir des programmes aussi
attractifs et leur audience baissera.
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Sans grande surprise M6 est d’accord : Interrogé sur Europe 1, Nicolas de Tavernost (PDG du groupe M6) s'est déclaré « favorable » à une
éventuelle suppression de la publicité sur les chaînes publiques. « Partout où la télévision en général se porte mieux, c'est dans les pays où il y a le moins de publicité sur la télévision »
a indiqué Nicolas de Tavernost.
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François Bayrou pense qu' "Il s'agit de milliards dont il va falloir trouver l'équivalent sur
d'autres sources de financement et cela va changer ainsi profondément l'équilibre de gestion des chaînes publiques en France. On imagine mal que ça se passe sans augmentation de la
redevance et la création de taxes nouvelles"
Publié dans : Politique
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