Le gouvernement envisage une taxation sur la vente des produits d'électronique permettant de recevoir la télévision (téléviseurs, micro-ordinateurs, téléphones
mobiles, …) pour financer la suppression de la publicité sur l'audiovisuel public, selon un article publié, mercredi 16 janvier, sur le site Internet des Echos.
Cette hypothèse a été confirmée jeudi par Nicolas Sarkozy. Selon lui, la suppression de la publicité sera «compensée intégralement» par un «financement mutualisé»
sur l'ensemble des nouveaux moyens de communication.
«Les recettes seront compensées intégralement par un financement très largement mutualisé sur la totalité des nouveaux moyens de communication et, je le dis, ce choix n'implique aucune
évolution du périmètre de France Télévision», a déclaré Nicolas Sarkozy ce jeudi. Mais selon Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la consommation et au
tourisme, le gouvernement ne serait qu’au stade de la réflexion.
Selon le quotidien économique, le chiffre d'affaires de ce secteur tourne "autour de 17 milliards d'euros. Une taxe sur le prix de vente
de 1 % à 2 % pourrait rapporter 170 à 340 millions d'euros". Ce qui est loin d’être suffisant pour compenser la perte dû à la vente des espaces
publicitaires.
En tout état de cause cette solution de prélèvement sur les achats de consommation, semble nous éloigner de la première hypothèse qui prévoyait de taxer
uniquement les recettes publicitaires des chaînes privées. Le prélèvement s’orienterait-il une nouvelle fois vers la taxation des citoyens ?
A noter que cette taxe s’ajouterait à la taxe écologique « éco-taxe » prélevée sur l’ensemble des produits électroniques. Il n’est pas certain
que cette piste soit perçue de manière favorable par les consommateurs dans un contexte tendu de polémique sur le pouvoir d’achat.
De source gouvernementale, on précise que le gouvernement examine aussi la possibilité d'une taxation de la publicité hors média (prospectus, etc.) parmi les pistes possibles.
A un visage à deux face (diffusion de programme télévisé et vente d’espace publicitaire) se substituerait une seule et unique facette audiovisuelle : celle de ses premières heures de gloire,
la diffusion de programmes télévisuels.Cependant le réel problème persiste : comment financer les chaînes publiques?
Plusieurs solutions sont apportées par Françoise Benhamou .
- Augmenter le redevance
Il suffirait de passer de 116 euros à 152 euros par an et par foyer pour combler le manque à gagner. Mais la population est-elle prête à faire cet effort ou
sera-t-il une fois de plus imposer par le gouvernement ? Rappelons que la redevance télévisuelle est de 183 euros au Royaume-Uni et en Allemagne.
-
Taxer les recettes publicitaires des chaînes privées
Suite à cette esquisse de décision une solution claire se profile : taxer recettes publicitaires des chaînes privées qui de toutes manières vont voir leur coût
annuel augmenter de façon considérable !
Quoi qu’il en soit ce plan doit être compris comme le premier pas d’un vaste mouvement de libéralisation de l’audiovisuel incluant des changements dans la propriété
des médias.
Selon Françoise Benhamou «si le service public ne voit pas sa dotation augmenter, il demeurera sous-financé
comme il l’est déjà, glissant vers des programmes un peu mais pas trop culturels, et ne parvenant pas à tenir son rang en face de la télévision privée ».
Mais encore une fois il faut s’attendre à un bouleversement des parts de marché de la
publicité entre les catégories de supports, affichage, presse, télévision, internet, radio…
Avec plus de 800 millions de revenus publicitaires, les chaînes publiques ont de quoi être inquiètes par l’annonce de notre président. Plus de publicités sur les chaînes de télévision
publiques ? Mais qui seront réellement les gagnants et les perdants de ce changement radical dans le milieu audiovisuel.
Les gagnants
TF1 et M6
D’après Michel Teuliere, directeur général de Carat : « On ne peut pas faire de projections financières car les incertitudes sont trop nombreuses mais il
est certain que les annonceurs qui achetaient des espaces à la télévision poursuivront leurs investissement ».
Cependant afin de répondre au maximum à la demande, l’espace publicitaire devra être élargi. En tout état de cause, les tarifs publicitaires de ces deux chaînes
devraient grimper.
Les chaînes de la TNT
« TF1 et M6 n'arriveront jamais à absorber le volume des publicités qui étaient diffusées sur les antennes de France
Télévisions » affirme Michel Teuliere. Les dix nouvelles chaînes de la TNT prendront alors le relais : « ces chaînes, dont les revenus publicitaires ont sensiblement augmenté en
2007 profiteront de cette mesure qui accélèrera la croissance de leurs revenus ».
Presse et Internet
Les annonceurs seront obligés de réinvestir auprès d’autres médias. « Certains annonceurs, qui ont des campagnes qui visent
particulièrement les Catégories Sociales Professionnelles supérieure, devraient se tourner vers la radio, la presse ou Internet » pronostique Michel Teuliere.
Les perdants
L’audiovisuel public
Il faut savoir si la suppression de la publicité sera partielle ou totale sur le parc de chaîne audiovisuelle public. En tout état de
cause ces chaînes devront trouver un autre moyen de financement et l’Etat pourrait bien, au final, se séparer de certaines chaînes.
Les petits annonceurs
Une telle décision influera forcément sur les tarifs exorbitants des spots
télévisuels. Une guerre sans merci entre grandes agences de communications et annonceurs sera alors lancer au péril des plus petits qui ne pourront pas s’aligner à de tels
financements.